"Morale de pacotille"
Par Guillermo, le samedi 30 juillet 2005 :: La vie moderne
Depuis une dizaine d’années, la chirurgie esthétique, reconnaît le Pr Maurice Mimoun, ne se pratique plus en cachette. On peut même dire qu’elle a gagné ses lettres de noblesse. La morale de pacotille qui a longtemps discrédité la chirurgie du paraître a disparu. On sait désormais quel bonheur elle peut apporter. Les patients qui viennent nous consulter ont un problème avec l’image de leur corps. Comme chez les accidentés, il y a souvent douleur, tristesse, désarroi... (dans Paris Match)
Je ne veux surtout pas rentrer dans un débat à la con sur la chirurgie esthétique - rebaptisée avantageusement "plastique et réparatrice", mais j'aime bien l'expression du chirurgien sur la "morale de pacotille", et je me réjouis comme lui que ses patientes déja assez riches et courageuses pour se faire bistourer n'aient pas, en plus, à porter le poids de la culpabilité instillée par une société hypocrite ; comme cela a dû être difficile pour les premières liftées, pionnières agressées par la morale judéo-chrétienne de pacotille qui sert de paravent à toutes les jalousies !
Je suis par contre toujours curieux quant au point de vue très engagé d'une certaine presse en faveur de la chirurgie esthétique ; une fois je lisais le fameux fémina (qui pourrait concourrir allegrement pour le titre de journal féminin le plus merdique, mais j'attends de découvrir bien dans ma vie qui doit être un sacré challenger), et trouvais dedans un dossier tellement favorable, et balayant de façon tellement risible toutes les remarques de bon sens que l'on peut faire à ce sujet, que je m'étais demandé si ce n'était pas du publi-rédactionnel. Aujourd'hui c'est Match qui s'y colle avec à peine plus de subtilité :
"Christina est à nouveau en accord avec elle-même depuis que son chirurgien l'a débarassée de ce qu'elle ressentait comme une disgrâce: des poches sous les yeux : "j'ai retrouvé mon regard".
Dans les deux cas je soupçonne la même culture un peu droitière, le même goût trop prononcé pour la technologie et les gadgets (voire les gros 4x4), le même épicurisme soutenu par la consommation, bref du matérialisme dans le mauvais sens du terme. Le genre de public à se plaindre d'un côté que la sécu coûte trop cher (ah toutes ces charges !) et de l'autre à tout faire pour classer leur nose job en chirurgie réparatrice histoire de se faire rembourser. Oui c'est un procès d'intention.
