Le PS fait l'effort de relever le débat en s'attaquant au sujet délicat des libertés publiques. Qu'il y ait des arrières pensées électorales et "politiques" (quelle surprise) n'empêche que ce sujet se prête bien peu à la démagogie. Que le bilan du PS post-Jospin ne soit pas toujours glorieux - la fameuse LSQ, par exemple - ne doit pas non plus paralyser le parti pour l'éternité. Il fallait bien faire la synthèse d'une action gouvernementale fragmentée mais pointant toujours dans la même direction.

Beau débat, en effet. Qu'en reste-il ? Rien. Que Martine Aubry n'a pas rempli le Zenith (le problème des sujets peu démagogiques). Que l'inévitable droitier Valls s'inquiète qu'on fasse trop d'antisarkozisme (comme si on pouvait en faire trop). Seule - est ce comique - Morano répond sur le "fond", déclarant que "la sécurité est la première des libertés" (et bientôt la dernière) - toujours ce dont de changer tout ce qu'elle touche en merde. Sinon, rien du tout. Rien sur les tentatives de fichages multiples, rien sur l'excitation vidéosurveillée, rien sur les procédures terroristes encouragées par le parquet, rien sur rien. Aubry n'a pas fait le plein, n'en parlons plus.

Pourtant :

Le rapport qu’entretient le chef de l’État avec cette question n’est pas seulement une forme de populisme pénal qui instrumentaliserait momentanément l’émotion des victimes pour affaiblir les institutions. Il ne s’agit pas seulement de mots et de postures.

Au-delà des formules publiques dénigrant les associations de défense des Droits de l’homme, les travailleurs sociaux ou les magistrats ; derrière les récits d’interpellations musclées, d’intimidations ou de censure régulièrement relatées dans les rubriques des faits divers, se cache en réalité l’autre face de l’action présidentielle, l’autre visage de la « France d’après ».